Madiambal Diagne invente, les trois tambours de la société civile sonorisent

Madiambal Diagne lance ses « diambleries » depuis Paris sur Ousmane Sonko; Moundiaye Cissé, Alioune Tine et Babacar Ba semblent parfois se charger de la sonorisation. L’un allume la mèche, les autres commentent l’explosion.
Le procédé est d’une insolence désarmante : une accusation, zéro preuve publiquement établie, et voilà la société civile qui rapplique, grave comme un tribunal, légère comme une feuille au vent dès qu’il s’agit d’exiger des pièces à l’accusateur.
Moundiaye Cissé commente, Madiambal récupère. Alioune Tine réclame une plainte plutôt que de commencer par exiger des preuves. Babacar Ba demande des explications à Sonko sur des allégations qui restent à étayer. Le soupçon fait le travail, la société civile lui prête sa cravate, et l’accusé reçoit la facture.
Où sont passées les sentinelles de la démocratie ? À force de commenter les insinuations avant d’en vérifier la substance, certains donnent l’impression d’avoir troqué leur sifflet de vigile contre un mégaphone de rumeur.
Qu’ils ne défendent pas Sonko, personne ne le leur demande. Qu’ils défendent les règles élémentaires de la preuve, en revanche, serait le minimum syndical. Une accusation ne devient pas vérité parce qu’elle est tweetée depuis Paris, ni enquête parce que des personnalités la reprennent.
La société civile n’est pas une blanchisserie où les « diambleries » arrivent sales et ressortent propres, amidonnées au nom de la transparence.
Pourtant Madiambal sait qu’il ment, les trois mousquetaires savent qu’il ment, et pourtant ils croient à ces mensonges. Madiambal fournit les insinuations ; certains leur offrent le prestige de leurs commentaires. La vérité, elle, attend toujours qu’on lui donne la parole. Mais visiblement, dans ce cirque, le clown a le micro et les sentinelles font les chœurs.
Malick BA

