Menacer ou Comploter Ousmane Sonko : Quand la haine politique perd la raison ( Malick Ba)

Les propos d’Arona Coumba Ndoffène Diouf à l’endroit d’Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale et deuxième personnalité de l’État, sont d’une gravité qui ne saurait se noyer dans le marigot des querelles politiciennes.
La République n’est ni un ring de boxe ni un coupe-gorge où les frustrations politiques se règlent à coups de menaces. On peut détester Ousmane Sonko, combattre ses idées et contester ses méthodes. Mais franchir la ligne rouge de l’intimidation ou du complot, c’est substituer la brutalité au débat et l’instinct à la raison.
À force de confondre courage politique et grande gueule, certains finissent par prendre la menace pour un programme et l’invective pour un argument. Triste spectacle : quand les idées manquent, les décibels montent ; quand l’argumentaire s’effondre, les intimidations prennent le relais.
Arona Coumba Ndoffène Diouf doit comprendre une chose : la République n’est pas une cour de récréation où les plus menaçants s’imaginent faire la loi. La liberté d’expression n’est pas un permis de dérapage, encore moins un chèque en blanc pour banaliser les menaces.
Face à de tels propos, le silence des responsables politiques ou de la société civile serait une lâcheté, et l’indignation sélective, une hypocrisie de plus dans notre théâtre politique. La condamnation doit être claire, ferme et sans calcul partisan.
Car demain, celui qui applaudit les menaces contre son adversaire pourrait découvrir, à ses dépens, que le monstre de l’intimidation, du complot ne reconnaît ni camp ni couleur politique.
En République, on combat un adversaire dans les urnes, on le contredit par les idées, mais on ne menace pas impunément les institutions. La politique mérite mieux que des muscles gonflés à la haine et des discours qui sentent la poudre.
Malick BA

