Ousmane Sonko dans le viseur après les JOJ ( Malick Ba)

Au Sénégal, quand les urnes donnent des sueurs froides, certains politiciens sortent du bois avec des idées qui sentent le soufre. Dans les rangs de Kiiraay, le refrain devient inquiétant : « Ousmane Sonko daniouko wara woutel ay péké ! » Autrement dit, il faudrait trouver des poux sur la tête de celui qu’on peine à affronter politiquement.

Mais voilà que l’affaire prend une tournure autrement plus grave. PASTEF – Les Patriotes dénonce publiquement des propos attribués à un membre du parti présidentiel Kiiraay, qui aurait appelé à un complot visant à éliminer Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale et deuxième personnalité de l’État. Le parti interpelle directement Bassirou Diomaye Faye et exige une réaction immédiate de la justice, appelant le parquet de Dakar à se saisir de l’affaire.

Ces propos ne sont plus dans les querelles de basse-cour ni dans les chamailleries entre politiciens en mal de visibilité. Mais nous sommes en face d’une accusation d’une gravité exceptionnelle. La politique ne saurait devenir un permis de menacer, encore moins un permis d’éliminer.

Alors, Monsieur le Président, qu’attendez-vous ? Le silence serait-il devenu la nouvelle doctrine de la République ? Peut-on prétendre défendre la stabilité nationale tout en laissant planer le doute sur des menaces visant une haute personnalité de l’État ? La balle est désormais dans le camp des autorités : la justice doit établir les faits, identifier les responsabilités et agir conformément à la loi.

Car enfin, cette agitation autour de Sonko pose question. Pourquoi cette obsession ? Pourquoi cette rhétorique du « trouvons-lui des poux » ? Et surtout, pourquoi ces déclarations franchirent a ligne rouge séparant la confrontation politique de la menace criminelle ?
Après les JOJ, simple guerre de communication ou escalade politique aux conséquences imprévisibles ? Rien ne permet, à ce stade, d’affirmer qu’un complot est effectivement en préparation. Mais une accusation aussi grave ne se règle ni par des communiqués indignés ni par des silences embarrassés : elle exige une enquête sérieuse et des réponses.

Le Sénégal a déjà payé un lourd tribut à la violence politique. Il serait criminel de jouer à nouveau avec les allumettes dans une maison encore marquée par les incendies d’hier.

Quant aux apprentis sorciers de la République, qu’ils retiennent ceci : on peut combattre un adversaire dans les urnes, le contredire dans les débats et dénoncer ses choix. Mais lorsqu’on franchit la frontière de la menace, ce n’est plus une stratégie politique : c’est la République elle-même qu’on met à l’épreuve.

Après les JOJ, le prochain spectacle sera-t-il celui des règlements de comptes politiques ? Wait and see ! Mais cette fois, les Sénégalais attendent moins de théâtre, moins de sous-entendus et davantage de vérité.

Malick BA

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