SANTÉ PUBLIQUE SOUS PRESSIONLES MEDECINS, PHARMACIENS ET CHIRURGIENS-DENTISTES MENACENTIIs annoncent 48h de grève à partir de la semaine prochaine.«Nous avons donné du temps. Ce temps est écoulé…»


L’évaluation du temps de grâce est terminée. Face à ce qu’il qualifie d’« inertie » des autorités, le Syndicat Autonome des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes du Sénégal (SAMES) tape du poing sur la table. Un mot d’ordre de grève totale de 48 heures a été décrété pour les mardi 8 et mercredi 9 septembre prochains, plongeant le système sanitaire dans une nouvelle zone de fortes turbulences.

Par la Rédaction
Dakar, le 1er septembre 2026

« Nous avons donné du temps. Ce temps est écoulé… » La formule, lâchée par les secrétariats du SAMES et relayée par le quotidien Les Échos, sonne comme un ultimatum. Réuni en Comité exécutif national élargi ce mardi 1er septembre, le puissant syndicat de la santé a décidé de passer à la vitesse supérieure. Les professionnels de la santé publique boudent les blocs opératoires et les salles de consultation pour exiger l’application immédiate des accords signés avec le gouvernement.

Un calendrier de confrontation

La riposte syndicale s’organise dès cette semaine. À la suite de la réunion stratégique de ce jour, des assemblées générales de mobilisation vont se tenir dans toutes les régions du pays à partir du mercredi 2 septembre.

Le point d’orgue de ce mouvement de contestation interviendra les mardi 8 et mercredi 9 septembre 2026 avec un arrêt total des activités médicales sur l’ensemble du territoire national. Durant ces deux journées noires pour la santé publique, les praticiens arboreront un brassard rouge. Une évaluation de la mobilisation est d’ores et déjà programmée pour le jeudi 10 septembre afin de décider de la suite du mouvement.

Les urgences pour seul refuge

Pour les usagers des structures publiques, les perturbations s’annoncent massives. Le SAMES a toutefois précisé qu’un service minimum sera scrupuleusement assuré. Les services de garde et les urgences vitales resteront fonctionnels dans les hôpitaux. En revanche, les consultations externes, les examens de routine et les interventions chirurgicales non urgentes seront purement et simplement suspendus, reportant le fardeau de la crise sur des milliers de patients.

Des structures de santé exsangues

Sous la direction du Dr Diabèle Dramé, le SAMES dénonce une dégradation continue des conditions de travail et une faillite logistique qui met en péril la vie des Sénégalais. Le cahier des charges du syndicat s’articule autour de quatre urgences nationales :

  • Le maillage territorial : L’exigence de doter chaque département du Sénégal d’un Établissement Public de Santé (EPS) de niveau 2.
  • Le plateau technique : La fin du calvaire des pannes récurrentes grâce à l’équipement systématique des structures régionales en scanners, IRM et laboratoires de pointe.
  • Le transport médicalisé : L’affectation d’ambulances médicalisées aux normes pour sécuriser les transferts de patients.
  • La crise des ressources humaines : Des mesures concrètes pour stopper la fuite des cerveaux et retenir les spécialistes dans les régions de l’intérieur.

Si le SAMES affirme ne pas fermer la porte au dialogue avec le ministère de la Santé, le ton est désormais inflexible. Les blouses blanches n’entendent plus se satisfaire de promesses de sortie de crise et exigent des actes administratifs et budgétaires concrets avant le début de la semaine prochaine. Le compte à rebours est lancé pour le gouvernement.

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