Macky Sall , de responsable à victime: Le grand lavage politique de Diomaye

Quelle métamorphose ! Macky Sall serait désormais celui qui a « subi les affres de la dette ». Voilà donc l’ancien président transformé en victime expiatoire de la dette, presque en pauvre innocent tombé dans la marmite financière du Sénégal sans même avoir demandé à y tremper les pieds.
Il faut reconnaître au discours présidentiel une prouesse rare : faire passer Macky Sall du banc des accusés au fauteuil des victimes, sans même changer de dossier !
En septembre 2024, Bassirou Diomaye Faye dénonçait pourtant une gestion publique marquée par des « légèretés », des « dérapages volontairement cachés » et une évolution incontrôlée de la dette. Surtout, il promettait que les responsabilités seraient situées à tous les niveaux de la chaîne administrative et politique.
Deux ans plus tard, changement de scénario : le même Macky devient celui que la dette aurait maltraité. La dette n’a plus de responsable : elle aurait simplement été méchante.
À ce rythme, il ne manquerait plus qu’une cellule de soutien psychologique pour les anciens gestionnaires de nos finances publiques.
On peut parfaitement soutenir la candidature d’un ancien président à un poste international. On peut même défendre son expérience et son expertise. Mais on peut aussi le faire sans réécrire l’histoire économique du pays à coups de lessive politique.
Car respecter ses électeurs, c’est aussi respecter leur mémoire. Ceux qui ont élu Bassirou Diomaye Faye ne lui ont pas seulement confié un fauteuil présidentiel : ils lui ont confié une promesse de rupture, de transparence et de reddition des comptes.
On peut avoir son candidat et battre campagne pour lui. Mais on ne devrait pas avoir besoin, pour cela, de transformer hier en aujourd’hui, les responsabilités en fatalités et les anciens gestionnaires en victimes.
À force de vouloir blanchir Macky Sall, on risque surtout de salir la parole présidentielle.
Malick BA



