Acte IV de la décentralisation : Le cadre légal permet à Touba de devenir une ville, sous le ndiguel du khalife général des mourides .

L’analyse de la situation socio-économique, financière, démographique, et administrative de Touba démontre que la collectivité territoriale de la cité religieuse répond de manière rigoureuse et exhaustive aux critères légaux définis par le Code Général des Collectivités Territoriales (CGCT) du Sénégal pour opérer sa mutation institutionnelle du statut de commune à celui de Ville.

D’abord, au regard de l’article 167, Touba satisfait pleinement la condition d’autonomie financière et d’assise fiscale : avec des recettes propres s’élevant à 8 241 954 288 FCFA sur un total de 9 267 945 226 FCFA de recettes totales, la collectivité enregistre un taux d’autonomie financière exceptionnel de 89 %. Cette souveraineté budgétaire remarquable prouve qu’elle ne dépend pas des transferts compensatoires de l’État (FECT et FDD) pour
pour assurer les compétences qui sont affectées.

Ensuite, conformément à l’article 168, en tant que première localité ( en terme démographique )du Sénégal avec une population dépassant 1 120 824 habitants, la cité religieuse forme un continuum urbain dense et d’un seul tenant sans rupture spatiale, dont la masse critique impose une planification unifiée pour coordonner la mobilité, l’extension spatiale et la fourniture des services publics métropolitains.

Par ailleurs, selon l’article 167 bis, l’exigence d’infrastructures de rang supérieur est largement satisfaite par la présence d’équipements structurants à rayonnement national et régional, à l’image du complexe hospitalier de référence maximale de Niveau 3 Cheikh Ahmadoul Khadim et de l’Université Cheikh Ahmadoul Khadim (UCAB), prouvant que la collectivité dépasse depuis longtemps la simple gestion d’équipements de proximité.

Enfin, en vertu de l’article 169, la gouvernance d’une métropole de plus d’un million d’âmes par une unique municipalité s’avère désormais obsolète, de sorte que l’érection de Touba en Ville constitue le levier stratégique indispensable pour procéder à sa subdivision en plusieurs communes d’arrondissement : ce modèle permettra d’une part de déléguer la gestion quotidienne et l’état civil aux mairies de quartier, et d’autre part de doter la Mairie de Ville des capacités juridiques et financières nécessaires pour résoudre durablement la crise récurrente des inondations par un plan directeur d’assainissement pluvial, moderniser et mailler le réseau d’infrastructures routières, et piloter de grands projets d’aménagement urbain à la hauteur du statut de la cité sainte de Touba.

@Muhamed Ndiaye
statisticien et habitant de Touba

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