Le FMI attend , l’exécutif doit négocier : Le parlement n’est pas un paillasson! ( Malick Ba)

Malick Gakou a sorti la calculette sur Walf TV. Économiste et technicien de la finance internationale, il a rappelé une vérité qui dérange le gouvernement : sans vote de la Loi de Finances Rectificative ou de la Loi de Finances Initiale par l’Assemblée nationale, le préaccord avec le FMI risque de rester lettre morte.
Le FMI ne signe pas des chèques sur la base des discours politiques, encore moins sur des promesses de bonne volonté. Il regarde les institutions, la crédibilité budgétaire et la capacité d’un gouvernement à faire adopter ses engagements. Un exécutif qui voudrait contourner son Parlement pour imposer son budget risque de refroidir jusqu’aux créanciers les plus patients.
Et le problème ne s’arrête pas au FMI. Le Sénégal veut négocier le traitement de sa dette ? Les créanciers voudront savoir si le gouvernement dispose d’une assise politique suffisante pour tenir ses engagements. L’argent international n’obéit ni aux slogans ni aux querelles de palais : il exige des garanties.
Le ballet diplomatique de la semaine dernière autour du président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, prend alors une autre dimension. Quand les diplomates défilent, ce n’est pas forcément pour admirer les dorures : c’est aussi que les équilibres politiques comptent dans les équations financières.
Pendant ce temps, les « gorgorlou » , eux, n’ont que faire d’un gouvernement qui refuse de faire des compromis . Ils veulent manger, payer leurs factures et préserver leur pouvoir d’achat. Ils ne peuvent pas être condamnés à régler l’addition d’un bras de fer entre l’Exécutif et le Parlement.
Gouverner, ce n’est pas transformer chaque désaccord en duel politique. C’est savoir dialoguer quand l’intérêt national l’exige. L’Exécutif doit donc reprendre langue avec le Parlement et rechercher un compromis responsable.
Car, au bout du compte, si le FMI ferme le robinet et si les créanciers se montrent méfiants, les premiers à boire la tasse ne seront ni les stratèges du palais ni les champions des conférences de presse. Ce seront les Sénégalais.
Le peuple n’a pas élu un président pour assister à un concours d’ego. Il l’a élu pour sortir le pays de l’impasse. Et les « gorgorlous » n’ont pas les poches assez profondes pour financer les querelles de leurs gouvernants.
Malick BA

