SENELEC : Le courant passe… mais pas dans les prises !( Malick Bâ)

Ah, les coupures ! Ah, la Senelec ! Ah, Papa Toby Gaye ! Ah, Abdourahmane Diouf ! Ah, le gouvernement d’Al Aminou Lo ! Le Sénégalais, lui, ne demande plus la lune : il demande juste de pouvoir dormir avec son ventilateur et de charger son téléphone !Depuis quelques jours, le courant joue à cache-cache. Matin, midi, soir… et même en pleine nuit. Une petite coupure par-ci, une autre par-là : le Sénégal est devenu un immense interrupteur national !La Senelec parle de pannes techniques, de difficultés d’approvisionnement en combustible et de contraintes de trésorerie.Bref, toute une collection de bonnes raisons pour expliquer pourquoi les Sénégalais, eux, passent leurs nuits à transpirer.Et pendant ce temps, les rumeurs circulent : sabotage pour les uns, fournisseurs impayés pour les autres. Mais la vraie question demeure : qui pilote réellement la machine ?Parce qu’à force de chercher des excuses, on risque de finir par chercher… le courant lui-même !Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Abdourahmane Diouf, avait pourtant visité le centre névralgique du système électrique en juillet, accompagné du DG de Senelec. Tout le monde avait vu les boutons, les écrans, le fameux « cœur du système ». Reste maintenant à faire fonctionner le cœur sans mettre le pays sous tension !Et si le problème n’était finalement pas seulement technique ? Si, derrière les pannes, les combustibles et la trésorerie, se cachait aussi un problème de pilotage ?La question est politiquement sensible, mais parfaitement légitime : le nouveau dispositif à la tête du secteur énergétique est-il à la hauteur de la situation ? Pas question de condamner avant l’enquête. Mais pas question non plus de demander aux citoyens de servir de cobayes électriques.Même les nostalgiques de l’ancien régime peuvent difficilement nier une chose : sous Macky Sall, malgré les controverses sur la dette cachée, le Sénégal avait connu une période où les délestages massifs avaient fortement reculé. Et lorsque Birame Souleye Diop était aux commandes du ministère de l’Énergie, le débat public sur l’électricité ne ressemblait pas à cette actuelle foire aux explications.Aujourd’hui, le Sénégalais ne veut ni conférence technique ni poésie administrative. Il veut du courant. Point.Parce qu’un pays peut supporter beaucoup de choses : les promesses, les slogans, les réformes, les querelles politiques… Mais quand la lumière disparaît matin, midi et soir, c’est toute la confiance qui commence à clignoter.À Senelec, il serait peut-être temps d’arrêter de chercher l’interrupteur et de rallumer le pays.Malick BA


