L’Exécutif, la contradiction ne se combat pas par la diversion !

En politique, on ne peut pas réclamer le respect du peuple tout en refusant de répondre aux préoccupations qui le touchent directement.

Le débat autour de la Loi de finances rectificative 2026 mérite mieux que des attaques personnelles et des tentatives de disqualification. Il engage des choix économiques, des priorités sociales et l’avenir de millions de Sénégalais.

Rejeter une loi budgétaire dont les orientations sont contestées relève pleinement de la responsabilité parlementaire. Un député n’est pas élu pour applaudir systématiquement, mais pour examiner, questionner, contrôler et défendre l’intérêt général.

Le patriotisme ne se mesure pas au volume des déclarations ni à la virulence des accusations. Il se mesure à la capacité de défendre les intérêts du peuple, même lorsque cela exige de s’opposer à des décisions contestables.

L’Exécutif, au lieu de déplacer le débat sur le terrain des invectives, doit revenir à l’essentiel : le contenu de cette loi, les arbitrages opérés et leurs conséquences sur la vie quotidienne des Sénégalais.

Comment justifier les réductions ou suppressions de certains investissements sociaux, notamment dans la santé, l’éducation, l’Hydraulique rurale, l’agriculture et les infrastructures en milieu rural etc … ? Quelles garanties sont apportées aux familles les plus vulnérables ? Quels résultats concrets les Sénégalais doivent-ils attendre de ces nouvelles orientations budgétaires ?

Ce sont ces questions qui méritent des réponses politiques sérieuses, et non des procès d’intention contre ceux qui exercent leur mandat parlementaire.

La démocratie n’est pas un système dans lequel le pouvoir décide et où les autres doivent se taire. Elle repose sur la contradiction, la reddition des comptes et le respect du mandat confié par les citoyens.

Personne ne détient le monopole du patriotisme. Personne ne peut s’approprier la voix du peuple pour esquiver le débat sur les décisions qui engagent son avenir.

Le Sénégal a besoin d’un débat politique responsable, fondé sur les faits, les chiffres et les résultats. Les Sénégalais attendent des explications sur leurs difficultés, pas une bataille de déclarations.

La question n’est pas de savoir qui critique qui. La véritable question est de savoir qui répond aux préoccupations du peuple et qui assume la responsabilité des choix budgétaires opérés.

L’histoire politique ne retient pas seulement les discours prononcés. Elle retient aussi les décisions prises, les engagements respectés et les conséquences de l’action publique sur la vie des citoyens.

Le peuple doit rester au centre du débat. Tout le reste n’est que diversion.

Honorable Député : Alioune Badara DIOUF

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *